Aller au contenu

Une dictature qui n’en a pas les apparences : la démocrature

fascism
Temps de lecture : 5 minutes

Quelle est la caractéristique principale d’une dictature et qui la rend étouffante ? La suspicion généralisée. Vous serrez peut être dénoncé par l’un de vos voisins, amis, collègues et même membre de votre famille.

Parmi ceux qui subissent le pouvoir, il y a ceux qui résistent activement, ceux qui résistent passivement, ceux qui s’en foutent, ceux qui collaborent mollement et ceux qui collaborent activement. Sauf que bien évidement, ce n’est pas marqué sur les fronts des gens et tout ça est un jeu de dupe : par exemple, un collaborateur actif peut se faire passer pour un opposant actif ou passif afin d’obtenir des renseignements.

Globalement, la dictature est une maladie spirituelle qui ne peut pas durer indéfiniment : le système finira par s’écrouler sous le poids de ses contradictions (face aux pressions extérieures), d’une manière ou d’une autre. Il guérira ou disparaîtra.

L’absurdité est au cœur du système dictatorial. L’autoritarisme est proportionnel à la destruction de l’intelligence individuelle et collective.

Je crois que c’est ce vers quoi nous allons, mais sous une nouvelle forme. Je vais tenter d’en discerner les contours.

Il ne s’agit pas d’un effondrement technologique mais humain

Cela fait de nombreuses années que j’analyse l’évolution de notre société française, au sein de l’Europe, de l’occident, du monde. J’avais étudié la littérature scientifique sur les effondrements de civilisation : Jared Diamond, King Hubbert, Richard Heinberg, Joseph Tainter, Toynbee, Collin Campbell, Meadows et d’autres (dont Jancovici) bien avant que Pablo Servigne n’en fasse une mode.

GlobalPeakOil
Pic pétrolier

Fût un temps, je pensais que c’était le manque progressif de ressources qui expliquait ces tendances. J’ai changé d’avis. Pourquoi ?

Sans rentrer dans des détails techniques fastidieux, j’avais fait des paris, en bon bayésien, pour valider mon modèle. Notamment un sur la date ou la production pétrolière devrait atteindre son maximum. Je me suis trompé. J’ai donc commencé à revoir mes hypothèses de base. J’ai découvert plusieurs choses, toute la théorie du pic pétrolier reposait sur la notion d’EROEI qui était en fait « fausse » : l’EROEI ne fait pas que décroitre, ni en théorie, ni en pratique. Ensuite, j’ai vu qu’il y avait une explication concurrente à base de démographie. Enfin, c’est Olivier Vidal qui a enfoncé le dernier clou dans le cercueil du pic pétrolier : les ressources plus diluées sont plus nombreuses dans la croûte terrestre, la quantité ne diminue pas, elle augmente, chaque fois que nous améliorons nos procédés d’extractions. Il y a bien sûr une limite physique, mais on la connaît, et on en est loin.

Dans le scénario pic pétrolier, l’état allait s’affaiblir progressivement.

Si les ressources sont abondantes, pourquoi Macron annonce la fin de l’abondance ?

En fait, à l’inverse du scénario pic pétrolier, l’état se renforce, ce n’est un secret pour personne. Cela faisait des années que je voyais la tendance à l’œuvre, c’est loin d’être une surprise, mais je pensais que c’était une sorte de réflexe de durcissement face à la perte de contrôle. Avec le recul, je vois qu’il n’en est rien.

La meilleure explication à ce qui se passe, c’est que nous basculons graduellement dans une dictature, mais d’un nouveau genre.

Une dictature d’un nouveau genre

327df861096ab5574467cfbdc172009f illinois state history timeline
Panopticon

Il y a deux grosses différences par rapport aux anciens régimes dictatoriaux. D’abord, la technologie de surveillance et de contrôle est sans commune mesure avec ce qui se faisait avant. D’un simple clic, un bureaucrate peut vous rayer de la société.

Ensuite, les outils juridiques de protection contre les abus de l’état. Nos démocraties modernes ont été construites pour nos protéger des abus d’un pouvoir autoritaire. Par exemple, récemment, Darmanin a demandé à expulser l’imam Iqoussen, mais un juge a refusé (le conseil d’État a ensuite validé son expulsion et ça risque de partir devant la CEDH).

Donc la dictature qui vient n’aura pas l’apparence d’une dictature, les dirigeants pourront se targuer d’être des défenseurs de l’état de droit.

Pour ma part, ayant toujours flirté avec des idées et des gens plus ou moins hors système, j’ai bien vu que la seule chose qui fait tenir le système, c’est l’adhésion des gens, la « soumission », et rien d’autre. Pourquoi je dis « soumission » ? parce que l’écrasante majorité des gens ne se posent pas beaucoup de questions et qu’ils suivent la masse.

Mais nous avons vu avec la pandémie à quel point les choses peuvent changer rapidement. Mais ce n’a été possible que parce que les gens ont suivi en masse, car s’ils avaient voulu, ils auraient pu forcer le gouvernement à faire autrement. Sans rentrer dans les polémiques sur les vaccins, je crois que tout le monde peut être d’accord pour dire que le gouvernement a infantilisé la population. Concernant le personnel soignant qui refusait le vaccin par exemple, ils ont clairement recherché la soumission plutôt que des solutions. Quand Macron explique qu’il a « emmerder les non-vaccinés » qui ne sont plus des « citoyens » il n’élève pas le débat.

Autre élément important, le plafonnement des prix du pétrole. Le système se tend.

Mais tout cela n’est que circonstanciel. La trame de fond, c’est l’agenda 2030 : la digitalisation de l’économie via l’identité numérique et les CBDC vont permettre un contrôle fin, tel que demandé dans le Rapport sénatorial sur la gestion numérique de la crise sanitaire.

Quand Macron parle de fin de l’abondance, à mon avis, il ne parle pas vraiment de la guerre en Ukraine (sinon li aurait pu parler de restrictions temporaires et non pas de fin), ce n’est qu’une occasion, il parle du plan de réduction des émissions de CO2.

Ou est-ce que tout cela nous mène ?

Une dictature qui sauve les apparences

3943907
Ingénierie sociale

A priori, les tendances qui se dessinent sont les suivantes :

  • Nous n’aurons pas de crédit social individuel comme en Chine, mais nous auront un crédit social pour les (grandes ?) entreprises. C’est plus malin, car le gros de la pollution est fait par les entreprises, mais on ne pourra pas accuser les gouvernements de faire comme la Chine.
  • Nous aurons la vétocratie. L’état ne sera pas dictatorial en lui-même, mais il sera le relais de la dictature populaire. Quand je dis « populaire », je veux dire du peuple contre lui-même, de certaines parties du peuple contre d’autres. L’état va organiser la dictature des factions entre elles.
  • Enfin, et c’est un élément absolument crucial du système : l’ingénierie sociale. Les dictatures du passé étaient artisanales, voire industrielles pour celles du 20ème siècle. Mais elles étaient « débutantes » en gros. Cette fois-ci, nous avons les réseaux sociaux, nous avons des centaines d’études des sociologues servent de base aux ingénieurs sociaux, et nous avons les intelligences artificielles.
  • Les opposants ne seront pas envoyés au Goulag. Ils seront simplement neutralisés par l’exclusion sociale, banni du net, assigné à résidence, sous liberté surveillée, leur smartphone faisant office de bracelet électronique. Éventuellement, des cellules de ré-éducation plus ou moins musclées seront mises en place pour les récalcitrants.

Qui pourra soupçonner, même de l’intérieur, que la démocratie s’est transformée ? D’autant plus que tous les gouvernements occidentaux vont s’aligner plus ou moins en même temps.

Macron démontre que son équipe et son cabinet Kinsey (et d’autres) sont déjà des experts en ingénierie sociale. La preuve, ça a parfaitement fonctionné avec les Gilets Jaunes et la pandémie. La guerre en Ukraine n’est que l’étape suivante.

Plus l’occident s’enfonce dans l’idiocracy, plus il se crée des problèmes inutiles, plus il devient anxieux, plus il devient bête, etc…

Nous pourrions nommer ce régime la « démocrature »;

Les BRICS l’ont bien compris. La séparation est en cours. Ce n’est pas par chauvinisme inversé, mais je pense sincèrement que l’Europe va prendre cher, plus cher que les USA. Bien que la fin du dollar devrait faire très très mal à l’oncle Sam, je crois qu’ils sont en train de sacrifier leur vassal européen.

Évidement, je ne suis pas voyant, je n’affirme rien. J’essaye simplement d’analyser les tendances de fond.

Vous avez une analyse différente ? Dite le, en commentaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Loi de UN - Johann Oriel