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ESG : la clé du contrôle social à visage « démocratique » en occident

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Temps de lecture : 3 minutes

Je soutiens que nous sommes en train de basculer lentement, mais sûrement vers une dictature qui n’en a pas le visage. L’occident se démarque de ses rivaux comme la Chine ou la Russie par sa doctrine libérale. Mais alors comment est-ce que ça va se passer concrètement ? Est-ce qu’un beau matin on va nous dire à la TV « désolé, on a tout essayé, mais la démocratie ne fonctionne pas, on revient à la bonne vielle méthode » ? Alors même qu’à chaque élection on nous avertit de ne pas voter pour les partis populistes qui incarnent cette menace.

Non, vous vous en doutez, il y a un truc.

La réponse est simple : les citoyens seront toujours libres. Les entreprises beaucoup moins. Toute l’astuce est là.

En occident, sur le papier du moins, le citoyen est protégé contre les abus de pouvoir de l’État, contre l’arbitraire. C’est le principe du libéralisme politique.

Nous prétendons avoir des élections libres, un état de droit qui garantit les mêmes lois pour tous, la liberté d’entreprendre (à l’inverse des économies planifiées), et surtout une société civile :

Il s’agit à la fois d’une catégorie d’idéologie civique d’origine anglo-saxonne et d’une notion juridique désignant en droit français une forme de société ou d’organisation dont l’objet, strictement civil, relève du droit civil et des juridictions civiles, contrairement aux sociétés commerciales et aux établissements publics et administratif.

Wikipedia

En face, notamment en Chine, il y a la dictature, sa corruption endémique, ses prisonniers politiques, son économie planifiée, ses chiffres truqués, et surtout, son horrible crédit social. Noter les « bon » citoyens et leur autoriser ou leur enlever des droits, mais quelle horreur, vous n’y pensez pas…

Alors comment est-ce que la « démocrature », la dictature à visage démocratique, pourrait se faire chez nous ?

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Le principe est simple et il porte un nom : ESG – Environmental, Social and Governance.

Les analyses ESG s’appuient sur :

  • les critères environnementaux qui mesurent l’impact direct ou indirect de l’activité de l’entreprise sur l’environnement (par exemple : les émissions de CO2, la consommation d’électricité, le recyclage des déchets, l’impact sur la biodiversité) ;
  • les critères sociaux (ou sociétaux) qui portent sur l’impact direct ou indirect de l’activité de l’entreprise sur les parties prenantes (en particulier collaborateurs, clients, fournisseurs et communautés locales) par référence à des valeurs universelles (par exemple : droits humains, normes internationales du travail — sûreté, sécurité, représentation…) ;
  • les critères de gouvernance qui portent sur la manière dont l’entreprise est dirigée, administrée et contrôlée (relations avec les actionnaires, son conseil d’administration et sa direction, la transparence de la rémunération des dirigeants, la lutte contre la corruption).
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BlackRock, le plus gros fond d’investissement du monde, utilise ces critères ESG. Aucune multinationale ne peut les ignorer sous peine de voir ses sources de capitaux fondre comme neige au soleil et rapidement fermer boutique.

Cette manière de procéder est très astucieuse, car du point de vue du citoyen, ses droits et son système politique sont exactement les mêmes qu’avant. Il rentre chez lui le soir après une bonne journée de travail et rien n’a changé. Il va toujours voter, il est toujours libre de son opinion, la justice est toujours la même, l’indice de corruption de son pays n’a pas bougé, l’indice GINI (qui mesure les inégalités) non plus, il est encore dans un pays riche, démocratique, de droit.

Le plus beau dans cette affaire, c’est qu’il a déjà signé pour une relation de subordination avec son patron en échange d’un salaire. Rien ne change pour lui. C’est son entreprise qui change, pas lui. Son entreprise lui impose des nouveaux « stages » ou des nouvelles normes de travail, quelques séminaires et conférences. Mais rien de fondamentalement différent de ce qui se faisait avant avec le management.

En contrôlant les entreprises au lieu des citoyens, vous obtenez peu ou prou le même résultat final, mais vous conservez les apparences. Les gens sont de plus aliénés, mais ils ne comprennent pas pourquoi puisqu’ils vivent encore dans le meilleur des systèmes. Charge à la médecine du travail de prescrire assez de « soma » (cf le meilleur des mondes).

Ce monde est déjà là. Vous pouvez le refuser, mais ça ne changera pas grand-chose.

C’est pour cette raison que j’estime qu’il faut une nouvelle spiritualité : pour avoir plus de force intérieure, pour donner un autre sens à sa vie, pour avoir un regard plus large sur la situation. Un regard qui permet à la foi de mieux comprendre, mais aussi de voir plus d’opportunités d’agir.

Loi de UN - Johann Oriel